2015-2017

Après avoir exploré (2012-2015) les relations complexes et fructueuses que l’architecture entretient avec l’imprimé, nous ouvrons un nouveau cycle consacré aux interactions, tantôt maîtrisées, tantôt conflictuelles, entre résolution technique et intention esthétique dans le projet architectural. Pour mettre en perspective les écarts actuels entre les approches et cultures respectives de l’architecte et de l’ingénieur, pour mieux appréhender les articulations entre les choix constructifs et la qualité des ambiances spatiales ou plus largement saisir les rapports entre la science et l’intuition dans la démarche de conception, les travaux menés dans le séminaire contribueront à une enquête collective analysant des débats, projets et réalisations des deux derniers siècles.

Interroger la littérature architecturale –livres, périodiques, essais, manuels, monographies, catalogues…– permettra de mieux saisir les notions à partir desquelles ont été pensées les interférences entre l’idéal du dessin et la réalité de la fabrication, mais aussi de comprendre l’évolution des rapports que l’architecte entretient avec ses outils de conception. De l’éclectisme au fonctionnalisme, du brutalisme aux poétiques du revêtement, de la lisibilité tectonique à la recherche de l’atmosphère, les architectes déclinent toute une gamme de relations entre la forme et la fonction ; entre l’efficacité de la mise en œuvre et la recherche d’effets sensibles.

Les travaux auront également pour enjeu d’affiner les outils et méthodes qui permettent, à partir de différentes sources et documents, d’étudier les édifices construits ou projetés, de les décrire, de les représenter et de les interpréter. On visera plus spécifiquement l’explicitation des stratégies qui visent tantôt la rationalité de la structure et l’économie des détails, tantôt l’émancipation de la réalité matérielle par la primauté de la forme, de l’expression symbolique ou de l’espace.