Clarisse GENTON

Equipe de rattachement : 
ACS

Formation doctorale en cours

Depuis 2015 : Doctorat en Architecture, Université Paris-Est, ED VTT

Directeur de thèse : Jac Fol et Jean Attali

Laboratoire d’accueil :  : ACS, ENSA Paris-Malaquais

 

Résumé de la thèse

L’objet de notre recherche est l’utilisation politique et militaire de l’architecture et de l’urbanisme en Israël et en Cisjordanie, et plus particulièrement à Jérusalem. Jérusalem est aujourd’hui connu comme le fruit d’une double histoire, à la fois ville trois fois sainte et théâtre central du conflit israélo-palestinien. C’est cette double vision qui nous est le plus souvent présentée : celle des livres d’histoire, et celle des média. Cependant, la cité est plus singulièrement l’espace où s’accumulent les représentations propres à chaque parti engagé dans le conflit et ce qu’ils y projettent pour former un agglomérat urbain à la cohérence variable. Jérusalem force le questionnement sur la fabrique urbaine générée par une situation de conflit mais aussi et surtout sur le rapport entre les décisions politiques et leurs concrétisations par le biais de l’architecture et de l’urbanisme. Ce qui pousse ensuite à s’interroger sur l’utilisation « innocente » de l’architecture à des fins stratégiques et militaires. Capitale doublement revendiquée par deux entités qui se disputent son contrôle, la ville s’est vue façonnée par le conflit. Revenons à 1948. A la signature de l’armistice de la guerre d’Indépendance, l’ONU trace la Ligne verte comme frontière officielle des deux entités et sépare ainsi Jérusalem en deux parties Ouest et Est ; la partie Ouest rattachée au nouvel Etat d’Israël et la partie Est palestinienne sous contrôle jordanien. Depuis cette première limite, se sont vus accumulés sur la partie orientale un nombre important de dispositifs de nature administrative mais aussi urbaine et architecturale par le gouvernement israélien. Ils regroupent la Ligne verte, la limite municipale de 1967, la zone C de 1993, les colonies israéliennes et leur zone municipale, les routes de contournement qui les desservent, les bases militaires qui les protègent, les checkpoints, le mur de séparation depuis 2002… L’ensemble formant un ensemble complexe et actif de contrôle et de division du territoire. Ces dispositifs, outils de l’architecture et de l’urbanisme, sont le cœur de notre recherche qui s’attachera à savoir comment l’architecture est devenue une arme de guerre et d’occupation.