Le temps de l’événement architectural. Fabrication et mise en scène de tours de bureaux et leurs quartiers : la City, la Défense, Francfort

Thèse soutenue
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Jeudi 16 Juillet 2015

Composition du jury

Antoine PICON, chercheur à l’Ecole des Ponts et Chaussées, professeur à la Harvard Graduate School of Design (directeur)

Pierre CHABARD, maître-assistant à l’ENSA de Paris-la Villette (co-directeur)

Jean-Pierre CHUPIN, professeur à l’Université de Montréal, directeur scientifique du Leap

Pierre-Michel MENGER, professeur au Collège de France, chaire Sociologie du travail créateur

Philippe POTIE, professeur à l’ENSA de Versailles

Résumé

L'ambition de cette recherche est d'interroger et de clarifier l'emploi du terme événement à propos de réalisations architecturales et des phénomènes qui les entourent. Elle a été menée grâce à l'étude de trois quartiers de tours et d'affaires européens – la City, la Défense, Francfort – qui apparaissent propices à la recherche d'événements. L'événement architectural y est vu, à l'instar de tout événement, non comme un donné immanent advenant par lui-même, mais comme un construit auquel participe chaque acteur en amont et en aval, du client qui organise un concours aux médias qui fabriquent sa réception. Cette construction est caractéristique de la période récente. L'événement architectural tel que nous le définissons n'est pas un simple mode d'existence de l'événement mais le produit d'un rapport au temps particulier que certains historiens voient comme étant uniquement tourné vers le présent et qualifient à l'aide de la notion de régime d'historicité. Dans les quartiers étudiés, l'événement prend la forme de mises en scène de l'existant lors de festivals ou grâce à la réalisation de bâtiments qui se présentent comme atemporels et hors de toute question de style. Il ne provoque plus nécessairement de rupture. Mais alors que ce phénomène tourne tous les regards vers l'architecture des bâtiments, il opère également une réduction dans leurs caractéristiques architecturales. L'architecture, en devenant événement ou en étant utilisée par un événement festif, n'est plus vue que sous l'angle de questions typologiques plus ou moins réduites et de différenciation pour faire mémoire. Ces deux points sont vus comme la part irréductible de l'architecture, indissoluble dans l'événement, dernier levier d'action pour les architectes aux prises avec une demande en événement

Abstract

The aim of this research is to question and clarify the use of the term event when talking about architectural realizations and the phenomena that occur around them. It has been conducted by analyzing three European tall building and business districts – the City, La Défense, and Frankfurt – which seem propitious for the location of events. Just like any other event, the architectural one is not viewed here as a spontaneous given which occurs in and of itself but as a construction in which a variety of actors take part, from the client who organizes the competition beforehand all the way to the media who, in the aftermath of the event, generate its reception. This construction is characteristic of recent times. The architectural event such as we define it is not a mere mode of existence of the event but the product of a special relationship to time which some historians see as being only preoccupied with the present and define thanks to the notion of regime of historicity. In the districts studied, the event takes the form of a staging of the existing by way of festivals or thanks to the completion of buildings which present themselves as timeless and devoid of any question of style. It no longer necessarily leads to a breach. But while this phenomenon has all gazes turned toward the architecture of the buildings, it also diminishes their architectural characteristics. By becoming an event in itself or being used for festive events, architecture is henceforth only considered through the angle of a limited number of typological questions and that of its ability to distinguish itself in order to be remembered. These two aspects are seen as the irreducible facets of architecture, those which cannot be dissolved in the event. They are the final levers of action for the architect who is faced with a demand for events