Les micro-polarités urbaines à Shanghai. De la métropole hiérarchique à la métropole ponctuelle

Thèse en cours
Année de début de la thèse : 
2012
Directeur de recherche : 
Co-tutelle avec l’Institut universitaire d’architecture de Venise (IUAV). Prof. italien : Pr. Paola Vigano.
Autre chercheur participant à l’encadrement de la recherche : Pr. Wang Lin, Vice directeur général de l’Institut d’Urbanisme de Shanghai, Université de Tongji
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 
Université : 

Résumé

On entend par micro polarité la génération de petites centralités qui se distinguent, par leur échelle et leur morphologie, des pôles urbains de la structure métropolitaine. Dans la ville traditionnelle européenne, l'organisation du tissu urbain établit une hiérarchisation de l'espace citadin. Accessible, la centralité urbaine est également multifonctionnelle. Elle « nait d'une addition des polarités » (PINCHEMEL, 1988), cumule les fonctions attractives et constitue un lieu d'interaction sociale (BOURDEAU-LEPAGE, HURIOT, PERREUR, 2007). La micro polarité shanghaienne, tire son origine des additions, substitutions et multiplications continues d'éléments urbains. Fragmentant l'expansion unitaire de la métropole et sa conséquente hiérarchisation, la micro-polarité réplique ses parties dans un tissu ou reformule en termes de coordination grégaire, certains des principaux dispositifs morphologiques et sociaux dont l'intégration présuppose l'existence des intégralités. Si la structure des métropoles chinoises après l'ouverture économique opérée en 1979 par Den Xiaoping, montre une organisation par macro-pôles stratégiques (LIU-HUANG, 2007), la concentration d'activités polarisantes en certains lieux est conditionnée par les niveaux d'accessibilité temporels de ces derniers, indispensable à la cohésion métropolitaine. Le modèle du rhizome caractérise des phénomènes socio-organisationnels (DELEUZE-GUATTARI, 1980) et selon Portzamparc identifie en urbanisme, une structure linéaire basée sur un chapelet de noeuds souvent indépendants d'où partent d'autres ramifications fonctionnelles (PORTZAMPARC, 2009). La pertinence de la notion de rhizome est limitée par l'existence de structures organisationnelles sans un centre, décentralisé et caractérise des aspects d'une grande importance à la fois en terme socio-politique qu'en termes de planification métropolitaine. Si toutefois la planification chinoise courante s'inscrit dans un cadre d'évolution morphologique qui trouve une de ses origines dans le modèle maoïste du Danwey (FRIEDMANN, 2005, DUANFANG, 2006, CHAN, 1994), la résilience des agglomérats spontanés des micro-polarités (KUN, 2008, FAN, 2010) et en même temps, l'indépendance des parties et leur composition sociale s'opposent aux intentions de la planification municipale. Par conséquent, le jeu de différentes forces reconfigure le paradigme traditionnel du fonctionnalisme urbain. Les persistances sociales en termes de rapports stratégiques, de relations métropolitaines et extra métropolitaines sont comparables aux enclaves ethniques. Ce travail s'intéressera donc aux implications d'une structuration métropolitaine par micro-polarités en termes de possibles intégrations facilitées par des conditions d'automonie socio-morphologique.

Abstract

The term micro polarity means the generation of small centralities that are distinguished by their scale and morphology from urban centers of the metropolitan structure. In the traditional European city, the organization of the urban texture establishes a hierarchy of urban space. Accessible, the urban centrality is also multifunctional. It was born from an addition of polarities, combines the functions and it is an attractive place for social interaction. The shanghainese micro polarity, originate from additions, substitutions and continuous multiplications of urban elements. Fragmenting the unitary expansion of the city and its consequent prioritization, micro-polarity replies some of own parts into an urban texture reformulated in terms of gregarious coordinations, some of the main morphological and social features where the integration, presupposes the existence of integrality. If the structure of Chinese cities after the economic opening -made in 1979 by Deng Xiaoping-, show an organization of macro-strategic divisions, the concentration of activities that polarizing some places is determined by temporal accessibility, essential to the metropolitan cohesion. The rhizome model characterizes socio-organizational aspects and, according with Portzamparc, it identifies, on urban planning, a linear structure based on a string of knots often independent, from which derive other functional ramifications. The relevance of the concept of rhizome is limited by the existence of organizational structures without a center, decentralized and characterize aspects of great importance both in terms of socio-political and metropolitan planning. If however the current Chinese planning is a phase of morphological evolution that finds its origins in the Maoist model of Danwey, the resilience of spontaneous micro-polarity agglomerates and at the same time, the independence of parties and their social composition is in opposition against the intentions of municipal planning. Therefore, the set of different forces reconfigures the traditional paradigm of urban functionalism. The social persistences of metropolitan and extra metropolitan relations are comparable to metropolitan ethnic enclaves. This study will therefore assess the implications of a micro-polarized metropolitan structure in terms of possible integrations facilitated by conditions of socio-morphological autonomy.