Laboratoire ACS : Architecture, Culture, Société XIXe-XXIe s.

ACS (ENSA Paris-Malaquais)

Historique de l’équipe de recherche

Créée en 1990, l’équipe ACS (Architectures, Cultures, Sociétés, XXe-XXIe siècles) est intégrée à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais depuis sa fondation en l’an 2000. Elle est associée au CNRS depuis 1997.

Considéré dans son ensemble, notre travail vise à l’analyse et à la compréhension de la culture architecturale et de ses métamorphoses, en articulant sociologie, histoire de la connaissance et analyse des productions formelles et matérielles ; le travail architectural étant considéré comme un travail intellectuel particulier, dans ses contenus comme dans son organisation.

Notre réflexion s’organise autour de quelques objets privilégiés :

  • le projet, architectural et urbain,
  • l’espace, comme fait de « culture » et produit social, co-production entre ses concepteurs et ses usagers,
  • les représentations, celles des usagers comme celles qui animent ses concepteurs,
  • les rapports qu’entretiennent à travers l’histoire les théories de l’architecture et les doctrines architecturales,
  • les dispositifs spatiaux qui sont issus de ces interactions diverses, le « dispositif » étant entendu comme l'organisation d'éléments assemblés de façon particulière pour produire un effet sur les conduites et les pratiques, que la volonté en soit explicite ou implicite.

L’équipe s’est historiquement structurée autour de deux grands terrains : l’habitat, sa genèse et ses évolutions, jusqu’aux plus contemporaines, et l’histoire récente de l’architecture et de l’urbanisme (XXe siècle principalement).

D’une interrogation initiale visant plus particulièrement les fondements de la modernité architecturale et urbaine, en France et au sein des univers influencés par la culture métropolitaine européenne et nord-américaine, une inflexion nous a porté ces dernières années vers des notions jusqu’ici tenues pour marginales par la recherche architecturale traditionnelle :

  • ainsi du « postmodernisme » qui nous fit passer des masses aux multitudes, processus où les architectes (chargés dans le meilleur des cas de concevoir et organiser l’habitat) jouèrent un rôle à la fois pionnier et fondamental,
  • de l’interpénétration progressive des univers de la maîtrise d’ouvrage privée et publique,
  • du rôle de l’architecte au sein des dispositifs complexes de projet,
  • de la place tenue par la culture architecturale au sein du monde intellectuel, et de la définition de l’architecte en tant qu’intellectuel,
  • de la formation des élites au sein d’un univers qui vécut, de 1968 à 1973 sous les auspices déjà de « la crise », un changement complet de son allure de vie,
  • de l’évaluation et des hiérarchies culturelles et par là même de l’épineuse question du « jugement de goût » en architecture,
  • et d’une manière générale, du savant et du populaire, ce couple si bizarrement assorti au lien pourtant indéfectible.

Position du laboratoire au sein de l’ENSA

L’ENSA Paris-Malaquais regroupe 3 laboratoires de recherche : ACS (Architecture, Culture et Société – XIX - XXIe siècles), GSA (Géométrie, Structure et Architecture) et LIAT (Laboratoire Infrastructure, Architecture, Territoire). Le laboratoire ACS est membre de l’UMR-AUSSER / CNRS n° 3329 (avec l’IPRAUS - Institut Parisien de Recherche Architecture, Urbanisme, Société) et du Labex « Futurs urbains ». Les trois laboratoires de l’ENSAPM  font partie de l’Ecole doctorale « Ville, Transports et Territoires » du PRES Paris-Est.

Les enseignants-chercheurs de l’ENSAPM, c'est-à-dire les enseignants membres d’un des trois laboratoires de recherche, et dont la production scientifique est à ce titre régulièrement évaluée, constituent une part relativement importante du corps enseignant. On compte parmi eux 7 professeurs HDR ou docteurs d’état, et 1 MA docteur d’Etat. Il faut de plus souligner que, sur les 57 doctorants membres des laboratoires de l’Ecole (18 CSA +"1" Liat + 27 ACS), 17 (7 GSA + 6 Liat + 4 ACS) doctorants sont impliqués à divers niveaux dans le cursus pédagogique (TD, enseignement de Développement, encadrement des mémoires en séminaire de recherche…).

Cette large représentation des enseignants-chercheurs au sein de l’ENSAPM permet d’installer chez les étudiants, tout le long de leur cursus pédagogique, la conscience de suivre des enseignements théoriques nourris et renouvelés par les apports de la recherche, comme il se doit au sein d’un établissement d’enseignement supérieur.

La relation enseignement/recherche se manifeste ainsi à différents niveaux du cursus, sous des modes d’enseignement, de production et d’implication des étudiants différents. Cette orientation s’inscrit dans l’esprit du projet pédagogique d’un enseignement de l’architecture comme discipline intellectuelle. On peut souligner des moments où la relation avec la recherche est tout particulièrement au travail :

La rédaction de mémoires.

En fin du cycle Licence, un article de type scientifique (UE R6), rendant compte d’un travail de recherche et faisant l'objet d'une soutenance orale devant un jury, se substitue au rapport d’études. L'UE R6 propose ainsi une initiation aux méthodes de la recherche et un encadrement d'un travail personnel de l'étudiant. Différents séminaires sont proposés par les enseignants autour d'une notion, d’un thème, d’un objet. Chaque étudiant définit son propre objet de recherche, témoignant d'intérêts qui ont pu émerger dans les années précédentes de Licence et/ou qui peuvent constituer des pistes nouvelles pour les années futures de Master.

Dans le cycle Master, le mémoire du séminaire de recherche en M1/M2, articulé et problématisé selon les critères d’un mémoire scientifique, aux questionnements et investigations originaux, est rattaché à un département et à un laboratoire de recherche. Le LIAT est ainsi le laboratoire de référence pour les séminaires de recherche de THP et d’AAP, ACS pour ceux d’ADD et de VAT, GSA pour celui d'AMC2.

Enfin, le mémoire du PFE accompagne la présentation du projet le jour de la soutenance du pfe et s’élabore durant le dernier semestre de 5e année. Il est demandé à l’étudiant de théoriser sa propre pratique de projeteur.

Vocation internationale

L’ENSAPM a affirmé dès sa création sa volonté d’intégrer l’espace européen et international , volonté qui figurait dans le projet d’école avec les principes suivants :

  • La dimension internationale comme élément d’ouverture à la diversité et aux cultures
  • La volonté d’accueillir des étudiants d’origines différentes
  • Le programme ouvert permettant des choix personnels par le biais des options croît au fur et à mesure de l’avancement dans le cursus jusqu’à effectuer une partie des études (deux semestres maximum et pas obligatoirement consécutifs à partir de la troisième de licence dans une ou deux universités partenaires)  hors les murs dans une université partenaire étrangère
  • La volonté de favoriser les débats critiques et de développer chez les étudiants une autonomie de pensée
  • Le recrutement d’enseignants européens ou internationaux ou formés à l’étranger qui introduisent dans l’école cette ouverture
  • Pour créer ce réseau, l’école a adopté dès 2001 deux principes forts pédagogiques qui sont la semestrialisation des études et un système de  validation identique au système européen de crédits ects. Pour faciliter encore plus les mobilités, elle a adopté dès 2005 un calendrier universitaire largement inspiré de la majorité des calendriers universitaires européens se rapprochant également des calendriers universitaires d’Amérique du Nord et d’Asie.

Le laboratoire ACS entretient ainsi des liens de plus en plus resserrés avec l’Université de Montréal. D’abord au fil d’une recherche menée depuis 2011 et jusqu’en 2013 dans le cadre de l'appel d'offres IgnisMutatRes (BRAUP / Min. Culture) en partenariat avec l'Institut d'Urbanisme de l'Université de Montréal sous la direction conjointe de Philippe Simon, côté ACS, et Sandra Breux, côté montréalais, sous l’intitulé « Pour l'autonomie de l'immeuble. L'épiderme aérien des villes au regard de la question de l'énergie et des modes de vie : prospective des formes et des stratégies architecturales et urbaines. Learning from Chicago, Montréal et Paris ».Cette recherche s’inscrit dans la continuité des réflexions entamées depuis la fin des années 2000 par l’équipe d’ACS engagée dans la consultation dite du « Grand Paris » aux côtés de l’agence des architectes néerlandais d’MVRDV.

Largement relayé par un supplément spécial du quotidien montréalais francophone Le Devoir, un colloque international (Canada, Etats-Unis, Brésil, Chili, France, Belgique, Grèce, Suède, Suisse) organisé en mars 2012 par le Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (Leap) de l’Université de Montréal et le Fonds de recherche sur la société et la culture du Québec a permis de poser les jalons d’un réseau autour des concours d’architecture.Le laboratoire ACS, avec ses chercheurs confirmés mais aussi quelques-uns de ses doctorants, compte s’y inscrire à l’avenir. L’un de ses chercheurs y a présenté une communication aux côtés du rédacteur en chef de la revue d’architectures pour y exposer le caractère pionnier (et exemplaire ?) des consultations d’architecture en France. Enfin, accueillie depuis trois ans au sein du laboratoire ACS, une doctorante issue du Leap et de cette même Université de Montréal doit soutenir cet hiver sa thèse autour de la « La Maison comme espace de redéfinition des conventions de l'architecture - Etats-Unis, 1988 / 1998 ».

Aux Etats-Unis, deux manifestations qui se sont tenues au cours de l’année 2011 ont particulièrement impliqué le laboratoire ACS et ses chercheurs. À Princeton (School of architecture, Princeton University) d’abord, autour d’un colloque international sur l’enseignement de l’architecture, Teaching Architecture / PracticingPedagogy, conçu par l’école doctorale où enseigne Jean-Louis Cohen, ancien membre fondateur de notre équipe parisienne. Il a engagé la présence de l’un de ses chercheurs en tant que « key speaker » et celle de deux jeunes docteurs ayant avancé leurs thèses respectives autour de l’enseignement d’ « urban design » de Kevin Lynch au MIT et du renouvellement des méthodes que Bernard Huet impulsa en France au cœur des années 68. Enfin, en octobre de la même année à l’Université de Columbia à New-York et avec le soutien de l’Ambassade de France et de la Graham Foundation for Advanced Studies in the Fine Arts, une série de conférences et de débats a rassemblé deux membres du laboratoire autour de la parution aux éditions Semiotexte/MIT Pressd’une anthologie de textes de la revue Utopie, active de 1967 à 1978.

Pour ce qui concerne les liens tissés avec nos voisins européens, le laboratoire ACS cherche depuis quelques années déjà à officialiser et affermir un réseau impulsé à ses origines par Monique Eleb, l’ancienne directrice et fondatrice de l’équipe. Il s’agit d’établir une base de données partagée sur l'habitation (dans la suite de la réflexion de l'Atelier Archi-Habitat, engagée au sein de l'UMR Ausser) en confrontant les approches de cet objet,  un réseau d'échanges à l'échelle européenne est en cours de constitution. À ce jour, il réunit l'école d'architecture del Vallès (Université polytechnique de Barcelone), l’Atlas da Casa, un groupe de recherche du laboratoire Centro de Estudos de Arquitectura e Urbanismo (Faculdade de Arquitectura da Universidade do Porto), l’équipe des NuevasTécnicas, Arquitectura, Ciudad, le GIVCO (Grupo de InvestigaciónViviendaColectiva), et l’ARKRIT. Sont également parties prenantes, à un titre ou un autre, les établissements suivants : Escuela de Arquitectura de Madrid, ChalmersSchool of Architecture, Gothenburg, Sweden (Sten Gromark), School of Architecture - University of Liverpool, United Kingdom (Mark Swenarton), Faculty of Architecture - University Roma Tre, (Andrea Vidotto), et enfin le Polytechnicum de  Turin (Filippo di Pieri).

Enfin, le laboratoire ACS a bénéficié de la présence de deux post-doctorants italiens au cours de l’année 2013-2014, Orfina Fatigato et Federico Ferrari, et souhaite prolonger cette politique d’accueil au cours des années à venir.