Trajectoires rossiennes dans l’enseignement de l’architecture en France et en Suisse autour de 1970

Thèse en cours
Année de début de la thèse : 
2016
Directeur de recherche : 
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 
Université : 

Résumé

L'interrogation initiale porte sur les parallélismes et interactions entre d'une part, le mouvement de réforme engagé en France dès 1965, conduisant de l'éclatement de la section architecture de l'Ecole des beaux-arts à la création des unités pédagogiques et d'autre part, les transformations de l'enseignement de l'architecture à l'Ecole polytechnique fédérale de Zürich (ETHZ). Dans les années 1960, plusieurs étudiants français et suisses motivés par un désir de renouvellement partent étudier quelques temps en Italie, notamment à l'Institut Universitaire d'Architecture de Venise. Lors de son passage à l'ETHZ autour de 1970, Aldo Rossi, sollicité par de jeunes assistants, notamment Bruno Reichlin et Fabio Reinhart, a placé l'analyse des types bâtis et des morphologies urbaines au centre de sa pédagogie. Si certains de ses anciens étudiants devenus célèbres, comme Jacques Herzog et Pierre de Meuron, revendiquent un héritage qui aurait profondément marqué l'architecture suisse contemporaine, quelques français (Xavier Fabre, Thierry Roze et Benoît Carrié) ont également suivi son enseignement avant de devenir eux-mêmes enseignants. Dans quelle mesure ont-ils transposés certains dispositifs, comment ces échanges se sont-ils pérennisés grâce à la circulation de certains enseignants de part et d'autres des frontières (Bernard Huet, Diego Peverelli, Henri Bresler…) ? Comment ces réorientations pédagogiques interagissent-elles avec l'émergence de la recherche architecturale et urbaine, tant en Suisse qu'en France? Comment les hypothèses italiennes visant à constituer un savoir architectural ont-elles réorienté l'enseignement et, de là, les pratiques de l'architecture? En ciblant tout particulièrement sur le rôle des élèves et collègues d'Aldo Rossi, il s'agit de saisir dans quelle mesure les propositions théoriques issues d'une culture architecturale et urbaine italienne ont contribué à infléchir non seulement les contenus, mais également les modalités de l'enseignement, installant des interactions nouvelles entre les pratiques naissantes de recherche et la formation au projet.