Thème 2 : Territoires et paysages en transition(s)

Responsables : Anne Grillet-Aubert, Patrick Leitner, Sébastien Marot

Le développement et le renouvellement de l’axe Architecture des territoires depuis 2014 ne changent ni ses orientations ni ses fondements : au coeur de ses préoccupations se trouvent toujours les phénomènes urbains considérés dans leur dimensions morphologique et historique. La spécificité des travaux tient ainsi à la considération du temps long et de la grande dimension, ainsi qu’à la volonté d’associer réflexions historiques et prospectives. L’attention est portée à la matérialité et à la genèse historique des villes et des territoires en associant à la fois des démarches de recherche fondamentale et des démarches liées à l’aménagement opérationnel. Ce dernier type de travaux est porté par les chercheurs praticiens qui assurent le relais auprès des acteurs des politiques publiques et de l’aménagement, de la ville et des territoires : collectivités territoriales, instituts d’urbanisme régionaux mais aussi instances de recherche et développement. Aux côtés de travaux plus universitaires, l’action des chercheurs-praticiens contribue ainsi à éclairer l’action publique et inversement, à relayer et à mettre en débat les conditions de production de notre environnement bâti, en vue de contribuer à la construction d’une culture partagée commune aux acteurs et aux chercheurs.
L’ancrage fort de l’axe dans une culture architecturale et de projet permet de dépasser la seule dimension énergétique lorsqu’il s’agit d’envisager les processus urbains et territoriaux dans le cadre des travaux sur le développement durable. Des chantiers prioritaires sont identifiés en cohérence avec les orientations générales du projet d’UMR, consistant notamment à renforcer et à consolider l’implication des chercheurs dans la vie de l’axe et les liens avec la pédagogie.

Le séminaire « L’espace ouvert » :
L’implication des chercheurs dans l’animation et la coordination de l’axe a été renforcée en 2016 et 2017 avec la mise en place du séminaire « L’espace ouvert » qu’il est prévu de prolonger et dont il est prévu de valoriser les travaux par des publications sous forme imprimée et/ou numérique. Dans ce cadre, trois thèmes de recherche ont été identifiés, pouvant structurer le projet scientifique :
• Mobilité : infrastructures, équipements, intermodalité
L’étude de la relation entre ville et transport, entre infrastructures et territoires portera sur la morphogénèse des territoires et sur les relations entre formes urbaines et mobilités. On poursuivra l’étude de grands équipements de transport (notamment les gares) et, en s’appuyant sur le patrimoine de travaux sur les infrastructures, les travaux du futur quinquennat porteront aussi sur l’articulation spatiale et fonctionnelle des réseaux et des modes ou systèmes de déplacement.
• Formes spatiales de l’urbanisation (suburbia, ville diffuse, interface ville/campagne…)
L’étude des formes portera sur la morphogenèse des territoires à différentes périodes historiques ou considérée sur le temps long ; les travaux porteront aussi sur les territoires périurbains et ruraux de formation plus récente, en continuité avec les recherches en cours et achevées au cours du précédent pluriannuel (ANR FRUGAL, Predit, Ignis Mutat Res et PUCA). Dans ces recherches, les problématiques se sont également élargies à la notion de paysage, envisagée comme un nouveau paradigme de l’analyse urbaine et environnementale et qui restera toujours très présente dans le nouveau thème.
• Transition environnementale
Les travaux orientés vers la prise en compte des enjeux environnementaux et énergétiques sont représentés par les notions de résilience, de métabolisme urbain et de transition énergétique. Le questionnement porte sur les formes d’une ville bas carbone, sur les formes d’une ville résiliente. Les travaux futurs poursuivront les recherches entreprises notamment dans le cadre d’Efficacity et du programme Ignis Mutat Res. Ils montrent un changement de perspective pleinement assumé : s’intéresser à la notion d’environnement architectural, urbain et paysager a conduit en effet à une inversion du regard, qui consiste à partir de l’environnement et des ressources des territoires pour explorer les conditions présentes et futures d’un développement durable.

Un lien recherche et formation doctorale renforcé :
Des « courroies de transmission » entre recherche et formation doctorale seront constituées par l’activité des chercheurs dans les formations de niveau master et de post-master proposées par les quatre écoles membres de l’Unité. Les liens sont particulièrement soutenus avec les formations Post-Master préparant le Diplôme de Spécialisation et d’Approfondissement en Architecture (DSA), proposées par les ENSA Paris Belleville (DSA Architecture et Projet Urbain), de Marne La Vallée (DSA de d’Architecte- Urbaniste) et de Paris La Villette (DSA Projet de Territoires). De plus, une association avec l’EHESS est prévue dès la rentrée 2018-2019 afin de créer des lieux et des temps pédagogiques croisés et partagés.
Le centre de documentation et la cartothèque de l’UMR assurent par ailleurs une interface entre travaux de recherche et pédagogie, s’appuyant sur de nouveaux corpus et sur la maîtrise de méthodes et d’outils innovants et spécifiques à notre approche historique, spatiale et prospective.

Cadre universitaire : Les COMUEs PARIS EST et HESAM
Le bilan montre la richesse des opportunités offertes par le double contexte universitaire de l’UMR, attachée à la fois aux universités de Paris Est et de HESAM. En particulier, en plus du programme Efficacity, plusieurs groupes de travail transversaux (GT) du Labex Futurs Urbains accueillent et soutiennent des programmes de recherche portés par des chercheurs de l’axe Architecture des Territoires et il importe de développer et d’approfondir ces collaborations. Les GT « Inventer le Grand Paris », « Usages de l’histoire et devenirs urbains », « Mobilités urbaines terrestres » portent notamment des projets pour le prochain contrat. Les possibilités offertes par l’association avec l’université HESAM sont aussi riches si d’un ordre différent. Le programme « 1000 doctorants » géré par HESAM Université prévoit 1000 contrats CIFRE dans les collectivités territoriales qui offrent des possibilités de recherche particulièrement riches pour le développement des connaissances prioritaires pour notre axe (http://www.hesam.eu/blog/1000-doctorants/).

Partenariats et échanges internationaux :
L’évolution rapide de l’environnement scientifique, avec notamment le développement des partenariats publics/privés et l’internationalisation, transforme les conditions d’exercice de la recherche. Le bilan de l’axe a montré l’efficacité des partenariats et leur rapide développement. Il est alors important d’encourager partenariats et collaborations avec notre environnement socio-économique (collectivités territoriales, instituts et agences d’urbanisme). Le renforcement des réseaux internationaux sur des questionnements communs peut s’appuyer sur des partenariats constitués au cours des travaux antérieurs des chercheurs de l’axe. La consolidation d’équipes internationales européennes ou plus larges peut alors s’appuyer sur des outils existants, par exemple, du CNRS (aide à la constitution de réseaux de chercheurs), de l’ANR (MRSEI : Montage de Réseaux Scientifiques Européens ou Internationaux) et sur Erasmus Mundus en associant alors échanges scientifiques et pédagogie.