La société Centrale des Architectes et l'organisation de la profession en France au XIXe s.

Thèse en cours
Type de doctorat: 
Doctorat en formation initiale
Année de début de la thèse : 
2020
Directeur de recherche : 
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 

Résumé thèse 


Après  la  Révolution,  les  architectes  sont  soumis  à  la  contribution  des  patentes taxant les bénéfices commerciaux et les assimilant aux entrepreneurs. Perçues comme des menaces pour la reconnaissance et la pérennité du statut d’architecte, ces transformations seraient des facteurs qui les conduisent à se fédérer. Ainsi dansla première moitié du XIXème siècle quatre sociétés professionnelles  sont  successivement créées : la Société d’Architecture (1811), la Société Académique d’Architecture  de  Lyon (1830), la  Société  des  Architectes (1840) et la Société Centrale des Architectes (1843). Avec plus de 200 membres dès sa première année d’existence, la Société Centrale devient la plus importante de France. Son hégémonie sur la profession est assurée par la puissance de son réseau,particulièrement enraciné dans les différentes institutions publiques chargées de la gestion de l’architecture officielle.

En raison de son envergure et de sa longévité nous plaçons la Société Centrale des Architectes au centre de notre propos.Nous l’utiliserons comme un poste d’observation du milieu des sociétés professionnelles du XIXème siècle. Ainsi, nous analyserons l’ensemble des groupements d’architectes qui interagissent avec elle et avec d’autres groupes professionnels. Cette approche nous permettra d’appréhender ce milieu comme un écosystème de professionnels et d’experts devant s’adapter à un contexte social et politique mouvant. Pour réaliser notre thèse, nous choisissons de nous concentrer sur la période s’étalant de 1811 à 1895. Nous souhaitons débuter nos travaux au moment de la création de la première société professionnelle et de les clore lors de l’instauration du code des devoirs professionnels dit code Guadet qui marque un premier consensus sur l’organisation de la profession en France.

Nous proposons de nous interroger sur la constitution, les activités et les modes de fonctionnement de ces sociétés en mettant en exergue le rôle de ces dernières dans l’organisation de la profession et en questionnant l’importance des réseaux tant dans la formation que dans  la pratique des architectes. En ciblant particulièrement les groupements  nous souhaitons explorer les origines d’une tension qui existe entre le caractère individuel de la pratique de l’architecte et celui collectif des instances qui les représentent. L’ensemble de ce travail sera plus généralement l’occasion d’évaluer la nature et la teneur des relations qui unissent les architectes à l’État principalement au travers de la Société Centrale. En analysant le rôle des sociétés professionnelles dans l’organisation de la profession, nous proposons une relecture de l’histoire en abordant celle-ci comme un mouvement collectif plus que comme un assemblage de destins individuels.

Notre  étude  proposerait  une  lecture  transversale  des  travaux  d’histoire des professions et de l’architecture. De plus, l’utilisation d’archives inédites apportera de nouvelles connaissances pour l’histoire de l’architecture. Cette  thèse sera aussi l’occasion  d’interroger l’implication de l’État et des institutions dans l’organisation de la profession.