Modernisation de l’architecture en terre au Maroc 1960-1973: Expérimentations et devenir

Thèse soutenue
Type de doctorat: 
Doctorat en formation initiale
Année de début de la thèse : 
2017
Directeur de recherche : 
Discipline: 
Géographie spécialité Architecture, ville et environnement
Equipe de recherche : 
Ecole doctorale : 
Année de soutenance : 
Date de la soutenance : 
Mardi 08 Décembre 2020

Membres du jury

Jana Revedin, Professeure au Blekinge Institute of Technology, Suède
Xavier Guillot, Professeur HDR, ENSAP Bordeaux
Valérie Nègre, Professeure Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Aziza Chaouni, Professeure à la Daniels School of Architecture, Toronto
Patrice Doat, Professeur émérite ENSA Grenoble
Jean Dethier, Architecte et médiateur culturel
Christian Pédelahore de Loddis, Professeur à l’ENSA Paris La Villette, laboratoire AHTTEP

Résumé

La modernisation de la filière de l’architecture en terre crue qui date de la fin des années 1970, suite à la crise environnementale, est connue partout dans le monde. Mais cette renaissance d’un matériau vernaculaire a été précédée par une période encore mal connue, sans laquelle cet essor n’aurait pas pu avoir lieu. De nombreuses expérimentations d’architecture en terre crue ont été réalisées dans les pays du sud, le plus souvent par des maîtres d’œuvre européens, pour lutter contre la crise du logement. Au Maroc, c’est au début des années 1960 que commence la modernisation de la terre crue en architecture. Alain Masson , ingénieur français directeur des Travaux Publics de Marrakech, construit en 1962, dans le quartier Daoudiate, 2750 logements économiques en brique de terre compressée ; il réalise ensuite deux cents logements en pisé à Ouarzazate en 1967 en collaboration avec Jean Hensens , architecte belge, puis quatre cents logements en brique de terre en 1969 à Berkane, au nord-est du Maroc. Ces trois projets se sont inspirés des techniques traditionnelles locales mais ont modernisé le matériau, l’outillage et le chantier. Ces expérimentations restent peu étudiées par les chercheurs. C’est pour combler cette lacune que nous avons effectué cette recherche, afin de donner à voir comment des savoir-faire anciens transmis par la tradition locale ont été réinventés par des maîtres d’œuvre européens dans un contexte de décolonisation. Grâce à l’exploitation d’archives inédites dispersées entre la France, le Maroc et la Belgique, croisée avec un travail de terrain et des entretiens avec les acteurs de l’architecture en terre, notre travail porte un regard critique sur ces opérations, afin d’en relever des exemplarités, et d’en dégager des enseignements, qui nous apparaissent utiles et pertinents dans le contexte actuel de transition environnementale.
Mots clés : Modernisation de la terre crue ; transferts techniques ; expérimentation architecturale ; béton de terre stabilisée ; auto-construction.

The modernization of the raw-earth architecture sector dating back to the late 1970s, following environmental crisis, is well known over the world. But the period before the revival of this vernacular material has remained relatively unexplored. Many experiments in raw earth architecture have been carried out in the developing countries, most often by Europeans, as a solution to the housing crisis.

In Morocco, it was actually in the early 1960s that the modernization of the raw-earth in architecture began. Alain Masson, French engineer director of Public Works in Marrakech, built in 1962 in the Daoudiate district 2,750 economic dwellings in compressed earth blocks, he then built 200 rammed earth dwellings in Ouarzazate in 1967 in collaboration with Jean Hensens, a Belgian architect; then 400 dwellings in compressed earth blocks, in 1969 in Berkane, in the North East of Morocco. These three projects were inspired by local traditional techniques but modernized the material, the tools and the construction methods.

These experimentations remain little studied by researchers today. As such, our study proposes to fill this gap, our objective is to understand how ancient skills transmitted by local tradition have been reinvented by Europeans in a decolonized country. Through the exploration of new archives scattered between France, Morocco and Belgium, crossed with field work and interviews with actors of earthen architecture in the three countries, our research will have a transnational approach, and an interdisciplinary research methodology. We will take a critical look at these projects, in order to highlight exemplarities, and draw lessons, which could be very useful in the current context of the environmental transition.Keywords : Modernization of raw earth- transfer of techniques- experimentation in architecture- stabilized earth concrete- aided self-help housing programs.