Rails et trames urbaines. Le potentiel de la Petite Ceinture à Paris et du chemin de fer abandonné au Liban

Thèse en cours
Type de doctorat: 
Doctorat en formation initiale
Année de début de la thèse : 
2020
Discipline: 
Architecture
Equipe de recherche : 

Résumé

Cette thèse évalue les enjeux sociaux, paysagers et écologiques concernant la reconquête d’une infrastructure ferroviaire abandonnée en vue de son utilisation comme espace public –le secteur nord de la Petite Ceinture de Paris - dans le but d'élaborer des critères liés aux bonnes pratiques, des orientations et des repères pertinents pour l’analyse du tronçon urbain de la ligne ferroviaire du Liban à Beyrouth. Nous partons de l’hypothèse que ces lignes abandonnées, ces espaces vacants, ces interstices, ces “restes” (Serfaty-Garzon, 1991) offrent des opportunités de réaménagement urbain, ou des refuges pour une vie urbaine informelle. Ils sont aussi des réservoirs de biodiversité, des trames écologiques. Qu’elles soient linéaires, transversales ou en ceinture, situées à proximité des gares, aux portes des villes, ces friches influencent la structure et l’organisation urbaine de la ville en privilégiant le retour de la nature en ville par une reconquête de la faune ou de la flore et la reprise de certaines activités humaines.

Nos recherches s'articulent autour de plusieurs disciplines fondamentales telles que l'urbanisme, l'histoire de la ville et des infrastructures, les études paysagères. Entre réflexions patrimoniales et enjeux de conception de la ville, la lecture transversale de la reconversion des voies ferrées abandonnées alimente des questions cruciales pour l'avenir actuel de nos villes. Pour répondre à cette problématique, la thèse s'appuie sur une base théorique composée principalement des écrits et réflexions de l'école territorialiste italienne et en particulier des ouvrages clés d'Alberto Magnaghi tels que Le projet local (Magnaghi, 2003) et La conscience du lieu (Magnaghi, 2017). D'autre part, des recherches sont convoquées sur le potentiel des infrastructures abandonnées dans les villes, en prenant comme référence les travaux du laboratoire LEAP-Montréal (laboratoire d'études des architectures potentielles) ainsi que les travaux au sein de l'UMR-AUSser sur le patrimoine ferroviaire (K. Bowie).

Enfin, nous nous pencherons sur les travaux du laboratoire CERDA au Liban afin d'approfondir l'approche méthodologique en travaillant en parallèle avec le concept de la méthode phénoménologique dans la ville. Au-delà des apports théoriques, cette thèse mettra en valeur, à travers une plateforme numérique qui intègre les systèmes d’information géographique (SIG), les données quantitatives et qualitatives récoltées à partir de diverses sources, notamment des archives historiques, les données démographiques, les données économiques et les dossiers d'urbanisme, ainsi que les enquêtes qualitatives de terrain menées à Paris et à Beyrouth, à partir d’une analyse territoriale, sociale et paysagère spécifique aux deux sites. 

 

Summary (English)

This thesis evaluates the social, landscape and ecological issues concerning the reclamation of an abandoned railway infrastructure for use as public space - the northern sector of the Petite Ceinture de Paris - with the aim of developing criteria related to good practices, orientations and benchmarks relevant to the analysis of the urban section of the railway line from Lebanon to Beirut. We start from the hypothesis that these abandoned lines, these vacant spaces, these interstices, these "remnants" (Serfaty-Garzon, 1991) offer opportunities for urban redevelopment, or refuges for informal urban life. They are also reservoirs of biodiversity, ecological frameworks. Whether they are linear, transverse or in belts, located near railway stations, at the gates of cities, these wastelands influence the structure and urban organisation of the city by favouring the return of nature to the city by a reconquest of fauna or flora and the resumption of certain human activities.

Our research is based on several fundamental disciplines such as urban planning, heritage, the history of the city and its infrastructures, and landscape studies. Between heritage reflections and city design issues, the transversal reading of the reconversion of abandoned railways feeds crucial questions for the current future of our cities. In order to answer these questions, the thesis is based on a theoretical base composed mainly of the writings and reflections of the Italian territorialist school and in particular the key works of Alberto Magnaghi such as Le projet local (Magnaghi, 2003) and La conscience du lieu (Magnaghi, 2017).

On the other hand, research is convened on the potential of abandoned infrastructures in cities, taking as a reference the work of the LEAP-Montreal laboratory (laboratory for the study of potential architectures) as well as the work within the UMR- AUSser on railway heritage (K. Bowie). Finally, we will look at the work of the CERDA laboratory in Lebanon in order to deepen the methodological approach by working in parallel with the concept of the phenomenological method in the city. Beyond the theoretical contributions, this thesis will highlight, through a digital platform which integrates geographic information systems (GIS), the quantitative and qualitative data collected from various sources, including historical archives, demographic data, economic data and urban planning files, as well as qualitative field surveys conducted in Paris and Beirut, based on a territorial, social and landscape analysis specific to the two sites.